Chapitre 4 – Utilité d’un modèle

Tellement de temps passé à se demander si une théorie est vraie. Si peu de temps passé à se demander si elle est utile.

C’est tout autant de temps passé à fuire la vie.

Et c’est un phénomène important en ostéopathie où nous apprenons beaucoup de modèles théoriques pendant nos études avec cette idée absolument étrange qu’ils sont nécessaires d’un point de vue pédagogique.

C’est le cas en ostéopathie crânienne où nous apprenons un modèle (celui d’un monsieur qui s’appelle William Garner Sutherland). Mais ce modèle est-il utile ? Ne pouvons nous pas placer les mains sur un crâne sans ce modèle ? Et si oui, est-il utile d’un point de vue thérapeutique de passer des centaines d’heures à apprendre ce modèle ?

Je crois que la question elle est vite répondue. Cependant il me semble que la majorité des ostéopathes n’a pas essayé de faire ça. On a d’abord mis en place le modèle théorique, puis on a placé les mains en fonction de ce modèle. Des choses se produisent parfois pour nos patients, et nous en concluons donc de la véracité du modèle.

Peut-être que la même chose se produirait si nous n’utilisions pas le modèle et si nous intéragissions directement avec ce qui est présent, sans le filtre créé par Sutherland.

Si une théorie n’apporte rien en terme de résultats, est-elle utile ?

Si elle n’est pas utile, mon énergie ne serait-elle pas mieux utilisée à intéragir avec ce qu’il se passe plutôt qu’à penser à ce qu’il devrait se passer ?

Car finalement c’est de ça dont il s’agit. Nous nous levons tous les matins et faisons une incantation pour que le soleil se lève. Un jour, nous dormons un peu plus longtemps et nous nous rendons compte que le soleil se lève quand même. Les ostéopathes continuent à faire l’incantation. Je propose de regarder le soleil se lever.

Lorsque l’accent est mis sur le modèle intellectuel, l’expérience directe (et participative, mais c’est un autre sujet) s’éloigne.

Donc si nous devons choisir un modèle, choisissons un modèle aussi valable que possible. Ou bien, et encore mieux, n’en choisissons aucun.

Avec tout mon amour,
Jules

PS : Le découvreur de l’ostéopathie plaçait déjà les mains sur le crâne avant que Sutherland ne développe l’ostéopathie “crânienne”.


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